Les blessures d’âme

Nous avons tous plusieurs blessures. Il y en a souvent une qui pré-domine dans cette vie mais je crois que nous portons les traces et les mémoires de toutes les autres. Nous les expérimentons toutes. Nos blessures sont fondamentales dans le sens où elles donnent le ton à notre existence. A ce niveau d’éveil, elles font parties de notre mission d’âme. Il n’y a pas meilleure école que la souffrance, l’âme le sait. Elle sait aussi que nos blessures nous conditionnent et faussent nos rapports aux autres et surtout à nous-même. En fonction de notre avancée et de nos évolutions, certaines sont plus ou moins, voir totalement dépassées, réglées et guéries. Certaines leçons sont acquises et sont devenues des évidences. D’autres sont en cours et nous demande encore du travail…puis certaines furent vécues mais pas conscientisées ni transformées. Il y a autant de possibilités que d’individus donc cela reste une approche unique pour chacun de nous.  Identifier nos blessures nous permet de nous repérer sur notre chemin de vie afin de savoir où nous en sommes  et ce qui nous reste à accomplir.

Pour les identifier, nous observons nos comportements. Quand nous voulons connaître quelqu’un nous nous fions à qu’il fait et non à ce qu’il dit. Cela nous dit exactement où en est cette personne sur son chemin. C’est factuel et hors jugement. C’est exactement pareil pour nous. Nos comportements en disent long sur nous. Nos forces, nos capacités, nos acquis, nos croyances, nos certitudes, nos peurs, nos imperfections…

Quand l’âme s’éveille et choisit le chemin de la pleine conscience, notre épreuve de vie est presque toujours là pour nous permettre une prise de conscience de notre blessure profonde. Nos blessures représentent les eaux troubles, notre “enfer”. C’est dans les épreuves que nous nous révélons. Les blessures d’âme sont les plus profondes et les plus ancrées en nous. Elles sont aussi les plus douloureuses et les plus difficiles à guérir. Quand notre âme décide de s’en libérer c’est que nous sommes prêts à et capables de le faire en pleine conscience pour continuer le travail de retour à notre nature véritable. Quand sonne l’heure du réveil cela signifie que nous avons en nous les ressources nécessaires pour les dépasser et les transformer en amour. Le lotus émerge des eaux troubles. Toujours.

Parfois certaines vies sont consacrées à cela. Guérir. Terminer le travail commencé, inachevé et ainsi faire la grand ménage pour faire de la place et grandir. Ce sont des vies de réveils et de guérisons, symboles d’un enseignement poussé demandé par l’âme qui choisit d’expérimenter la transformation en apprenant les secrets de l’alchimie pour devenir notre propre magicien.

Une blessure non guérie fausse notre perception de notre vie, de nos épreuves, de notre vécu. Elle parasite notre vision qui est dominée par nos peurs. Dès notre enfance, pensant nous protéger, nous adoptons une posture qui nous semble la meilleure afin d’éviter de revivre cette blessure et donc cette souffrance. Nous sommes dans un rapport de cause à effet. Nous pensons que c’est la meilleure solution. Nous tentons de l’oublier alors qu’en réalité, omniprésente,  nous passons notre vie à  l’éviter. Nous y consacrons beaucoup de temps, d’efforts et d’énergie et pourtant elle ne cesse au final de diriger et d’orienter notre vie.

Pour que les effets cessent, nous devons donc nous concentrer sur la cause, la source et l’origine de notre blessure, aussi lointaine soit-elle et démanteler tous nos comportements, nos peurs, nos troubles et nos résistances qui en sont les conséquences.

Nous sommes tous des êtres et des âmes “blessées”.

Sources: John Pierrakos, psychiatre américain, fût le premier à les identifier et les répertorier. Lise Bourbeau reprend ses travaux dans un livre dedié qui aujourd’hui fait parti des classiques dans ce domaine. 

©Adeline Ferlin- 2016