S’excuser, acte d’humilité, de considération et de justesse

S’excuser, acte d’humilité, de considération et de justesse

Il y a ceux qui s’excusent tout le temps comme une habitude, un réflexe de façon mécanique. Puis ceux qui ne s’excusent jamais ou très occasionnellement comme si s’excuser était rabaissant, dégradant, déshonorant, honteux, humiliant, infamant, vexatoire. C’est comme dire merci. On a l’impression que parfois pour certaines personnes c’est très difficile à dire, comme si c’ était un arrachement pour eux de le faire.

L’excuse et la gratitude sont des actes d’humilité, de reconnaissance et de justesse. Tout le monde peut manquer de justesse, je ne parle pas de Monsieur et Madame Parfait(e) mais tout le monde n’est pas capable de le reconnaître et de l’assumer. Pourtant cela change tout. C’est une façon de reconnaître l’injustice provoquée ou le don de l’autre. On peut remercier une personne qui s’excuse, en reconnaissant sa capacité de reconnaissance, la valeur de ce que cela peut représenter.

Celui qui cherche à être le plus juste possible a le réflexe de se remettre beaucoup en question, chercher le manque de justesse dans sa posture, ses actes, ses mots, son comportement, ses réactions, etc. Il déteste générer un sentiment d’injustice chez l’autre et s’en veut beaucoup en général. Ayant du mal à supporter l’injustice, il fait ce que lui aimerait recevoir si lui-même était victime d’une injustice.

Tout le monde peut manquer de justesse dans sa vie de tous les jours. Tout le monde n’a pas l’aptitude de le tolérer, de l’accepter, à croire qu’il y a des gens qui ne se trompent jamais et sont peut être parfaits. C’est dur de reconnaître de s’être trompé, d’avoir fauté et être injuste. Beaucoup plus difficile que beaucoup le prétendent, comme si cet acte était rabaissant.

Cela m’a toujours interrogé qu’il s’agisse de moi-même ou des autres. La peur du jugement des autres, l’intolérance à l’erreur est telle que l’avouer paraît presque impossible. Il est alors logique de se sentir anormal, défaillant, imparfait, nul. La différence est que l’un sait reconnaît ses failles, l’autre non. Et cette différence fait justement toute la différence. J’admire le courage de l’humilité que de le reconnaître et de l’assumer. j’estime que c’est une force élevante et absolument pas dévaluante.

Qui ne se trompe pas, n’a pas des failles, des comportements inadaptés, manque de discernement, ne se met pas en colère, ne s’agace pas, est irréprochable? Qui? Personne. 

Il y a des échelles et des nuances à considérer dans la gravité des injustices occasionnées. Ici je parle de celles de tous les jours, du quotidien alimentant sans les voir venir une tension, une contrariété, une vexation. Un mot, une phrase, un ton, un oubli, une remarque, un reproche, une allusion, un mensonge, une certitude, un jugement, une absence, une intolérance, une attente, une exigence, une punition, un mépris, le silence, la tromperie, le vol, etc.

Le besoin de justice passe par la reconnaissance de l’injustice occasionnée, par sa prise de conscience avant toute chose. Rien ne peut changer le passé, ce qui a été fait est fait et pas de retour en arrière possible. Le simple fait de le reconnaître est une marque de considération et de respect vis vis de quiconque. Nous sommes toutes et tous injustes les uns avec les autres (je ne parle pas ici des faits graves). Et quand la capacité de le réaliser, de le voir et de s’en excuser est là, je dis chapeau bas. Avoir conscience de sa propre injustice, de ses imperfections, de les assumer est une forme de justesse.

Être juste ne signifie en rien ne pas se tromper ni être irréprochable. En tout cas ce n’est pas ainsi que je le vois. Être juste revient à reconnaître la vérité reflet de la réalité, quelqu’elle soit.

On ne compense pas le manque d’humilité, de gratitude, de responsabilité, de considération et de justesse de l’autre tout comme on n’attend pas de lui qu’il sache déjà le faire par ses propres moyens. Ce sont des capacités personnelles d’une grande valeur permettant d’être plus juste avec soi et les autres même si l’autre ne le voit pas encore et n’a pas capacité de reconnaître cette valeur.

Mais n’oublions pas l’origine de tout ce qui nous rend de plus en plus juste avec le temps prend sa source dans les toutes injustices passées. N’oublions pas que pour parvenir à cela il a fallu passer par ce que nous ne comprenez plus aujourd’hui, nous dépasse, nous énerve. La version d’aujourd’hui est le résultat des versions passées. Mais de cela, peu en parle, le disent, font preuve de cette humilité que d’accepter le chemin parcouru et oublié pour arriver à incarner ces si belles valeurs. 

Adeline FERLIN – Février 2026

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