Cette initiation est particulièrement complexe et difficile. Personnellement, je trouve qu’elle fait partie des plus dure en terme de pratique. Chaque progression ou mini victoire demande énormément d’efforts, de persévérance et beaucoup de répétitions.
Commencer à y parvenir, même si c’est parfois très furtif, est juste fabuleux. Clairement on ne s’attend pas du tout à cela. On sait qu’il va se passer quelque chose, on ne lâche pas ce « quelque chose » sans pour autant imaginer et projeter quand, quoi, qui, où et comment. C’est costaud. Écrit sur le papier ça paraît évident et simple mais dans la pratique pas du tout.
Cette initiation enseigne la foi absolue, l’instant présent et la posture d’accueil.
Alors rassurez-vous, la projection est légitime et ce n’est pas mal de le faire. Il n’y a aucune culpabilité à avoir que de le faire. Tout le monde le fait et même si aujourd’hui une personne ne le fait plus, elle a peut-être oublié par quoi elle est passée pour justement apprendre à faire autrement. Quand on commence, projeter est une habitude, un réflexe. L’inconnu et le fait de ne pas savoir invitent à cela donc arrêtons de croire que ce anormal. Le déclencheur sont les effets/impacts/conséquences de la projection et des attentes sur soi-même, rien de plus. Doucement on apprend par la pratique à se corriger, à injecter l’instant présent au bon moment dans la recette. On s’entraîne, on répète, on recommence et progressivement il est possible de ressentir à son échelle les effets sur soi, à savoir la sensation de vivre sans projection. On y prend goût. C’est pas mal finalement. Et là on réalise que tous les efforts fournis en valent la peine. Du coup on persévère. On s’accroche, on ne lâche rien.
Paradoxalement plus on progresse, plus le niveau durcit et monte en niveau de difficulté. Le temps rallonge et c’est long, beaucoup plus long qu’on ne le pensait. Pourquoi? Parce que là aussi on projette le chemin, tout comme sa longueur. Il est impossible de savoir combien de temps encore car ce chemin n’a jamais été emprunté avant. On doute, on se demande si tout cela n’est pas une chimère, une lubie, une illusion et si cela est réellement possible. Il est possible de penser régresser et ne pas avoir progresser. Pourtant c’est bon signe. Quand le niveau monte cela signifie que les étapes difficiles du débutant sont devenus plus faciles et qu’il est temps d’aller plus loin, plus haut.
Il est intéressant d’observer que plus le niveau monte, plus on descend en profondeur pour se rapprocher au plus près de nos essentiels car seules nos racines, de savoir d’où l’on vient savent nous le rappeler.
Alors même si c’est parfois confrontant et pas du tout confortable, on relève le défit en se demandant si on a raison de la faire et si ce n’est pas de l’acharnement, de l’orgueil ou un besoin de contrôle. Le doute nous accompagne sur ce chemin initiatique, même si il se fait plus rare. Il est encore une fois normal de douter, de s’interroger. Le doute n’est pas négatif en soit, il a sa place, surtout quand on se lance dans cette aventure. Il s’exprime en générale quand on ne voit pas de résultat, quand on est dans le dur pensant que nous devrions normalement être dans la facilité, par la fait que ce que l’on vise n’arrive pas encore. « Et si je m’étais trompé?« . Celui qui vous dira que douter n’est pas normal n’a peut-être jamais emprunté ce chemin et ne sait pas de quoi il parle.
Pour finir, il est encore intéressant de s’observer quand on commence à se demander si cela n’est pas trop élevé, prétentieux, trop exigeant, trop grand, pensant que l’on pourrait se contenter de ce que l’on a et que tout cela n’existe peut-être pas, que tout cela n’est pas réalisable ou réaliste. J’observe majoritairement de la tristesse, et on aime pas se sentir triste. J’observe de l’ennui car vivre sans y croire devient pour beaucoup « chiant » ( excusez moi la vulgarité de ce terme mais pourtant c’est le ressenti de beaucoup). Du coup on s’ennuie et on perd le sens, une direction à suivre et on doit se résigner. C’est contrariant. On se sent mal. Observez vraiment comment vous vous sentez quand vous y croyez et quand vous n’y croyez plus. Ne comparez pas avec les autres. Allez chercher vos ressentis intimes et ce qui se passe en vous-même.
Réaliser la différence entre vivre sans y croire et vivre en y croyant est saisissant de vérité. C’est une question de choix, à savoir comment choisir de traverser sa vie: avec ou sans.
Expérimenter les 2 permet de faire ce choix et de trouver sa propre philosophie de vie. C’est une liberté que d’avoir ce libre arbitre. Mais n’oubliez pas qu’il n’y a pas de bon ou de mauvais choix. Lâcher prise ne veut pas dire abandonner et cesser d’y croire. Il est essentiel de se concentrer sur la pas de moment, regarder ce qui a a déjà été parcouru, toutes les mini-victoires, la somme de celle-ci, d’être fier de tout ce qui a déjà été accompli, d’être juste avec soi-même. Oui c’est dur, très dur de continuer d’y croire sans savoir 🙂 mais n’est-ce pas la seule finalité finalement?
Adeline Ferlin
Septembre 2026 – Merci de respecter l’intégralité du texte, sa source ainsi que son auteur.


