Tout ou rien? L’amour est tel le funambule qui cherche son équilibre.
Quand on rencontre l’énergie d’amour sur son chemin, le réflexe peut être de remplacer toutes les autre ressources par celle-ci afin de combler tous nos besoins. On ne mange plus, on voit moins ses amis, on ne veut que cette ressource là encore et encore et elle suffit. Dans un premier temps. C’est la seule nourriture. On la dévore, s’en remplit, on l’adore, c’est si bon qu’on ne veut plus qu’elle. Elle donne la sensation de combler tous nos besoins, même alimentaires.
Puis cette phase s’estompe doucement donnant l’impression que cette ressource diminue, disparaît, devient moins appétissante comme si elle se banalisait, avait moins de valeur ou moins bonne.
Cette phase n’est pas facile à vivre, à traverser. Elle interroge, perturbe et pourtant elle est très logique dans la continuité d’une histoire d’amour. C’est bon signe.
Beaucoup s’y perdent pensant alors ne plus suffire, satisfaire, moins intéressant, nourrissant, important jusqu’à ne plus se sentir la priorité, le seul et unique.
« Et si je ne le comblais plus? Et si il/elle ne me comblait plus assez? Mon amour est il moins fort? M’aime t’il/elle moins? Que se passe t’il? Où est passé l’adrénaline du début? Cette fusion? Y’a t’il encore de l’amour? »
« Tu m’aimes encore? »
En réalité, l’énergie de l’amour qui se caractérise par sa force et son intensité se régule, s’installe.
Ça paraît moins enflammé en surface et pourtant le feu s’installe en profondeur, s’apaise. Il faudra apprendre à le maintenir, à l’entretenir, à trouver le bon souffle au bon moment, en tout cas y veiller et ne pas s’endormir sur ses lauriers, pensant qu’un feu se maintient tout seul sans rien faire, qu’il s’auto-suffit. Sinon il se meurt et s’éteint.
La seconde phase commence. C’est en arrivant à passer ce cap qu’il va prouver sa force et toute sa puissance.
L’amour est bien là, l’intimité et la complicité aussi quand un couple arrive à trouver son propre rythme de croisière, sait apaiser le feu qui les anime et le raviver quand il faiblit. Cela demande de l’attention car rien, ni personne n’est acquis, même pas le foyer d’un amour.
Les autres ressources dont nous avions besoin avant son arrivée sont tout autant nécessaires même si dans les flammes de ce feu, certains l’oublient. Toutes les ressources nous comblent et uil est faux de vouloir s’en contenter d’une seule, de tout miser sur ce seul lien, cette seule ressource.
Revoir ses amis, passer du temps avec eux ou sa famille, se re concentrer sur son travail, ses hobbies est tout à fait équilibré et naturel. C’est sain.
C’est la somme de toutes les ressources qui comblent un être. Attendre toutes les ressources d’une seule et même source est selon moi dangereux et dommageable. Aucune ressource n’en remplace une autre. Elles sont différentes, complémentaires et nourrissent des besoins différents. Une complicité peut autant être amoureuse, amicale, familiale, professionnelle, sportive, etc. Alors quand celui ou celle qui aime voudrait ou aimerait devenir la seule ressource possible pour combler tous les besoins … je vous laisse imaginer ce qui se passe.
Ce retour à d’autres ressources, celles qui étaient là avant la rencontre ou le fameux « voyage de noces » vont provoquer des malentendus, des conflits, des crises au sein du couple et par conséquent des souffrances. Certains se sentirons délaissés, insuffisants, insatisfaisants et ou moins aimé.
Commencent les reproches, les remises en question, les doutes, soupçons, perte de confiance en soi et croyances sur l’autre ou sur soi cherchant à expliquer cela.
« Pourquoi passe t’il moins de temps avec moi? Pourquoi a t’elle autant besoin de voir ses amis? Pourquoi Pourquoi ne faisons nous pas l’amour tout le temps et partout comme au début? Pourquoi c’est moins intense? j’ai l’impression qu’il s’ennuie, que l’on est moins complices, que c’est différent. »
Cela laisse croire que l’autre s’éloigne et va chercher ailleurs ce qu’il semble ne plus trouver ici.
La répartition des ressources devient source de conflit. Comme en géopolitique.
Tout être découvrant ou vivant l’amour au début d’une relation amoureuse s’éloigne naturellement des autres ressources et une fois rassasié, remplit d’elle, va ressentir le manque des autres ressources dont il a tout autant besoin. Il peut par exemple voir beaucoup ses amis d’un coup délaissant un peu le couple. L’exercice est de rétablir un équilibre entre elles toutes sans délaisser personne, tout en gardant ses priorités, ses essentiels.
Quand ces êtres qui s’aiment se déchirent et parfois se quittent ne retrouvant plus cet intensité amoureuse des tout débuts beaucoup ont la sensation de perdre la force de leur amour, laissant croire que l’amour véritable est celui qui a le pouvoir de satisfaire toutes les besoins.
Le risque est de perdre les ressources des autres à trop les mettre à distance leur faisant croire qu’ils ne sont plus d’aucune utilité maintenant l’amour trouvé.
Aucune ressource n’est comparable ni remplaçable. Elles ont toutes une énergie et une richesse différente. Elles ne se substituent aucunement l’une à l’autre et surtout il n’y a aucune mise en concurrence entre elles.
On ne demande pas à un croissant de compenser tous les apports nutritifs dont le corps humain a besoin sinon celui-ci va se retrouver en carences.
L’amour doit trouver son équilibre, son juste dosage. Passer pas les extrêmes permet de le comprendre. Cela nécessite des rééquilibrages, des réajustements au quotidien. L’amour développe sa propre intelligence et a besoin du discernement pour trouver sa propre justesse.
Adeline Ferlin – Février 2026