Se pardonner

La difficulté du pardon vient de notre volonté à le faire. Le pardon trouve sa valeur quand il est sincère et assumé, comme tout le reste. Le décider et le vouloir ne suffisent pas. Pardonner prend autant de temps que guérir…et le temps est indépendant de notre volonté. Nous souhaitons pardonner mais n’y arrivons pas ou cela nous est difficile tellement nous souffrons et ressentons la douleur. C’est plus fort que nous.

Nous devons commencer par nous-même pour pouvoir y arriver. C’est la seule solution. Mais cela ne rentre pas dans nos codes. Nous ne comprenons pas pourquoi nous devons nous pardonner quelque chose que nous n’avons pas fait.

Il est essentiel de comprendre le sens profond du pardon. Pardonner ne signifie pas cautionner. Notre regard change en nous éveillant, en guérissant, en recevant des réponses à nos questions existentielles et nous cernons la pardon autrement. Il prendra sens dans notre cœur au bon moment pour nous. Nous apprenons à pardonner, cela fait parti de l’initiation spirituelle. En acceptant le principe même de la dualité, son rôle sur notre chemin d’âme en quête de conscience, de connaissances, nous comprenons peu à peu que tous les moyens employés sont au service de la finalité. Difficile d’accepter que nos ennemis, nos bourreaux et nos blessures sont au service de l’amour inconditionnel. Quand nous acceptons que tout est parfait pour nous, alors notre perception change. Nos pires ennemis sont nos meilleurs alliés dans ce combat. Sans eux nous n’en serions pas là. Le passage ne se fait pas sans difficulté et se fera au rythme de notre évolution, de nos prises de consciences et des opportunités que la vie nous proposera pour régler ce qui est nécessaire au bon moment.

Nous pardonner à nous et aux autres se fera avec le cœur et naturellement. Rien ne sert de vouloir accélérer le processus. 

Quand nous choisissons de pardonner à ceux qui nous font du mal, nous supprimons le pouvoir qu’ils ont sur nous. Pardonner permet de transformer notre souffrance en amour.

Le pardon est notre pouvoir de magicien. Il est notre baguette magique qui permet de tout transformer. Comment opère cette magie en nous?

Par étapes car la baguette magique a un mouvement bien à elle. Pour se pardonner il nous est demandé de faire preuve d’humilité, c’est à dire être capable de voir et d’accepter la vérité de ce qui est.

  • La première étape est de cesser de “rejeter” nos blessures en les reconnaissant et en les accueillant pleinement telles qu’elles. Nous avons tous des mécanismes de défense pour éviter de regarder et donc de vivre, re-vivre nos douleurs. Cela fait trop mal, c’est insupportable. Nous essayons de contrôler la douleur en contrôlant le blessure. En réalité c’est elle qui nous contrôle. Nous avons mal, nous le savons et nous n’aimons pas cette sensation. Il est donc naturel de choisir le déni, la justification, la fuite, la minimisation ou l’agressivité. Nous évitons tout ce qui nous rappelle ce qui nous fait mal. Nous devons donc cesser et stopper tout mécanisme qui empêche cela. Comment guérir une blessure en la rejetant? Impossible. Comment transformer le plomb en or quand on ne cesse de rejeter le plomb? Nous mettons beaucoup d’énergie dans ce rejet, dans cette résistance, dans ce contrôle de la douleur. C’est souvent épuisant, énergivore et surtout cela bloque le processus naturel de guérison.
  • Dans l’acceptation de nos blessures et les conséquences de celles-ci dans nos vies, nous réalisons que nous n’avons rien fait de mal et que nous ne pouvions éviter tout cela. Il n’y a pas d’erreurs et il est temps de se pardonner. Nous sommes ignorants, nous ne savions pas et nous faisons de notre mieux. Nous sommes vulnérables et nous avons besoin de souffrir pour conscientiser l’amour. Nous devons nous pardonner de ne pas savoir, d’être conditionné, de vouloir contrôler,  d’avoir peur, d’être de l’unité et de la dualité…nous devons rétablir la justice en nous en pardonnant avec amour, douceur et tendresse et en se faisant pardonner car nous même nous faisons du mal malgré nous.
  • Nous allons nous libérer par là de toute dette, de toute punition, maltraitance vis à vis de soi et de l’autre. Nous allons abandonner toute forme de jugement  et toute demande de réparation de l’autre.
  • La finalité est de conscientiser notre responsabilité de notre chemin, de notre plan divin. Ce qui nous arrive est notre réalité. Le véritable pardon est de nous pardonner d’avoir pu résister à l’amour et d’avoir céder à la blessure. Nous finissons par remercier ceux qui ont contribué à notre souffrance car même si cela nous dépasse d’un point de vu humain ils ont tous joué leur rôle et rempli leur mission auprès de nous. Le pardon d’un point de vu spirituel est un remerciement, une gratitude. En les remerciant, nous les libérons nous aussi de leurs rôles. Nous avons forcement rempli une mission auprès d’eux en jouant notre rôle. Cela leur appartient et fait parti de leur apprentissage. 

©Adeline Ferlin- 2016