La leçon du rejet

Le rejet est de vivre en croyant que nous n’avons pas le droit d’exister et la conséquence est d’en vouloir à l’existence de ce non-droit.

Dès notre incarnation et notre enfance, nous nous sentons rejeté et non accueilli par au moins un de nos parent (souvent celui du même sexe). Nous recherchons sans cesse son amour, son regard, son attention, sa considération. Ne les trouvant pas, nous transférons notre quête vers d’autres personnes du même sexe.

  • La croyance:

Nous croyons que nous ne serons pas complet et comblé tant que nous n’aurons pas enfin conquis l’amour de notre (nos) parent(s). Nous sommes très sensibles à la moindre remarque venant de lui (d’eux) et nous nous sentons facilement rejeté et blessé en cas de contradiction et/ou de refus de sa part. La tristesse engendrée laisse place peu à peu à un sentiment de rancune, voire de haine pour certaine personne car la souffrance vécue est réellement violente. Nous finissons par nous rejeter nous-même et tout faire pour que cela arrive. Nous croyant sans valeur nous sommes alors persuadés que personne ne veut de nous. Pour nous donner raison nous finissons bien souvent par agir de sorte que même les personnes qui ne  nous rejettent pas finissent par le faire. Et ce malgré nous.

Nous pensons ne pas être importants et nous nous sentons incompris. Nous croyons que nous serons aimé en étant compris. C’est faux. Aimer n’a rien  voir avec la compréhension. Aimer c’est respecter et accepter la personne telle qu’elle est.

  • Le masque et le comportement de la peur du rejet: la fuite.

Surtout nous ne devons pas prendre trop de place ni trop d’espace. Nous doutons de notre droit à l’existence et pour nous défendre nous préférons la fuite et partir dans notre monde imaginaire. Nous rêvons continuellement. La fuite nous interdit d’être nous-même. C’est très tranchant et notre instinct de survie nous oblige à partir en courant dès qu’une situation nous fait sentir le risque d’être rejeté. Nous préférons ainsi ne pas nous attacher aux choses matérielles. Nous adoptons un « faux » détachement qui est pure invention et illusion du mental. L’avantage ici est de pouvoir fuir à notre goût et à notre guise.

Doutant de notre existence, nous nous demandons sans cesse pourquoi nous sommes là sur cette terre. Quel intérêt?  » Je ne suis rien, personne ne veut de moi. » Nous allons avoir du mal à accepter que nous puissions être aimé. Quand cela se présentera, bien qu’assoiffés d’amour, nous allons faire en sorte d’être rejeté des situations, des personnes auxquelles nous pourrions nous attacher par peur de souffrir.

Rien d’étonnant si en groupe ou en couple, nous allons toujours chercher le moyen de fuir et de saboter nos relations. Nous doutons de notre droit d’exister et de notre capacité à donner de l’amour aux autres. Nous vivons dans la paradoxe. Nous recherchons plus que tout à être aimé et quand cela nous arrive nous n’y croyons pas car la peur est toujours là.

Nous sentant souvent de trop nous avons tendance à nous effacer et à en vouloir aux autres de nous effacer. Nous croyons souvent que nous subissons plein de situations désagréables et injustes sans avoir le droit de riposter.

Plutôt solitaire nous pouvons nous sentir seul. Plus nous nous isolons plus nous devenons invisible jusqu’à devenir « inexistant ».

Dans une quête absolue de perfection dans tout ce que nous entreprenons , nous croyons qu’une erreur de notre part fera que nous serons jugé et donc rejeté.

Le vocabulaire caractérisant le plus la blessure du rejet est « nul » , « inexistant » et « disparaître ».

Tant que nous croirons que tout ce qui nous arrive est de la faute des autres cette blessure ne pourra pas se guérir.

La difficulté est que dans notre réalité, nous avons peur de paniquer. C’est typique du rejet. Quand nous pensons qu’il est possible que nous paniquions dans une situation, notre réaction à vif est de nous sauver afin de nous cacher et/ou fuir. Nous optons pour la disparition car quand nous paniquons nous restons figé et il est inconcevable de paniquer. Plutôt fuir que de rester figé.  Disparaître est inné chez tous les fuyants et notre inconscient nous pousse forcement à rencontrer des situations ou des personnes pouvant nous faire paniquer. Notre peur prend le dessus et nous avons capacité à trouver toutes sortes de bonnes raisons pour justifier départs ou fuites.

  • La solution: le pardon

La raison principale de cette blessure vient de l’incapacité à se pardonner et à pardonner aux autres. Nous reprochons aux autres tout ce que nous faisons nous mêmes et ne voulons pas voir.

Pour guérir, la vie nous montreras comment cesser de fuir pour affronter nos peurs. Les accepter sera l’opportunité de nous en libérer pour les transformer et enfin pardonner. Il s’agit ici de ne plus être en attente mais bien en position d’accueil.

A méditer:  » A-t-on besoin de l’accord des autres pour avoir le droit de vivre ? »

©Adeline Ferlin- 2016