La leçon de l’injustice

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Cette blessure se révèle dans notre enfance et dans un environnement autoritaire, froid et sévère.

Nous ressentons nos premières injustices quand nous prenons conscience entre 4 et 6 ans que nous sommes un être à part entière avec nos différences. Nous ne comprenons pas pourquoi et donc trouvons injuste de ne pas pourvoir être nous-même.  Nous souffrons souvent de la froideur et de l’incapacité à ce parent de nous exprimer son amour. C’est sec, autoritaire, dur et très critique. Nous vivons une éducation souvent sévère. Il n’y a pas de place pour les sentiments.

Souvent ce parent souffre de la même blessure. Ainsi nous avons le même mal qui est celui de nous exprimer et d’être nous-mêmes, sous pression des critiques qui fusent et par peur face à une autorité de haut vol.

Nous devenons rigide, figé. Nous nous coupons de nos émotions, de nos ressentis et de notre nature véritable pensant nous protéger de toute remontrance et critique envers notre personne.  Nous pensons ainsi nous épargner.

Nous mettons en place un “faux”détachement qui donne l’apparence que rien ne nous atteint. C’est notre façon de croire que nous ne subissons plus l’injustice et que nous sommes insensible aux critiques. Nous pensons réellement avoir dépasser tout cela et nous restons froids et imperturbables. Nous croisons souvent les bras d’ailleurs pour bloquer notre corps émotionnel et fermer le plexus solaire pour s’empêcher de sentir et ressentir et vibrer. Nous devons rester fermés et non ouverts. Nous voulons cacher notre vulnérabilité et tel le chevalier sur son cheval blanc nous cherchons la justice à tout prix. Pour cela nous devenons très perfectionnistes et nous aurons l’exigence de toujours être parfait dans nos actes et dans nos paroles.

Notre regard est fièrement brillant, notre mâchoire serrée et notre cou raide. Nous sommes un exemple de droiture.

Nous sommes plus appréciés pour ce que nous faisons que pour ce que nous sommes. Cela nous encourage à devenir de plus en plus performants tout en évitant le maximum de problèmes ou de soucis  et tout en faisant notre possible pour oublier la douleur . Très optimistes en surface et même si nous connaissons comme tout à chacun des périodes de difficultés et d’épreuves, nous préférerons dire que tout va bien en préférant nous débrouiller seul pour les résoudre. A chaque déception ou ennui, nous persisterons à dire “pas de problème” , à diminuer la situation, à relativiser tout en  cachant ce que nous ressentons au plus profond de nous et que nous empêchons d’émerger. Nous avons une aptitude à donner une impression de calme assez impressionnante.

Quand nous sommes convaincus d’avoir raison face à l’autorité, nous nous justifierons jusqu’à avoir raison. Il nous est insoutenable de penser qu’on puisse justement penser de nous que nous sommes injustes. Nous craignons l’autorité car étant jeune nous avons dû nous y soumettre. Quand les autres doutent de nous, nous donnent des ordres, nous commandent, nous “grondent” alors que nous avons été honnête et juste, nous vivons cela comme une inquisition et un véritable traumatisme. Pour défense nous utilisons souvent les mots “jamais” , “toujours” , “très” pour nous justifier.

Les notions de dualité, de bien et de mal sont importants pour nous. Et quand nous sommes émus, nous avons du mal  à le montrer même si nous arrivons à le reconnaître sans émotions. Le rire nous aide souvent. le rire sert à cacher nos émotions même si parfois la situation ne s’y prête pas. Nous allons souvent bien, nous nous éternisons jamais sur nous et nous relativisons sur nos vies et nos aléas.

Très exigeants dans la plupart des domaines de la vie, nous avons une grande capacité à nous contrôler, nous imposer des tâches. Nous recherchons tellement la perfection que nous courrons sans cesse et ne savons pas nous stopper et souffler.Nous nous sentons obligés de toujours être dans l’action car nous croyons ainsi faire notre devoir. Le quotidien étant rempli de choses à faire nous avons du mal à nous détendre et ne rien faire. Nous avons tendance à nous juger, nous culpabiliser et nous justifier. Quand nous nous sentons coupables, nous nous sentons injustes. Nous sommes souvent en alerte et avons du mal à lâcher-prise. Difficile pour nous de connaître nos limites et de nous écouter.  Souvent dans le trop, nous avons tendance à craquer physiquement ou nerveusement quand nous sommes à bout.

Nous aimons que nos proches soient au courant de nos actes et de nos projets. Le mérite est cruciale et nous détestons dire que nous sommes chanceux car cela signifie l’injustice. Nous devons mériter ce qui nous arrive de bien dans ce monde. Nous avons du mal à recevoir des cadeaux des autres.

Maniaque, nous aimons et voulons que tout soit rangé à la perfection. Rarement malade nous sommes dures avec notre corps. Notre mécanisme de contrôle s’enclenche mécaniquement et nous allons rarement voir le médecin. Quand de l’aide est demandée, nous jugeons que la situation est sérieuse.

Il est difficile de nous laisser aimer et donc de démontrer aussi notre amour. Nous réagissons souvent trop tard à ce que nous aurions voulu dire , faire ou donner à ceux que nous aimons. En agissant ainsi, nous sommes injustes envers les autres et nous-mêmes  car nous nous privons de nos émotions, nos sentiments et d’amour.

Notre plus grande peur est d’être froid, insensible. Nous redoutons cela car c’est tout ce que nous ne voulons pas être. Nous faisons tout pour nous montrer chaleureux et n’avons vraiment conscience que les autres nous trouvent insensible et froid. Pour nous c’est juste éviter d’être vulnérable. Si nous acceptons cette froideur émanent de nous, nous admettons être sans cœur, et donc injuste. Nous vivons mal la froideur des autres et nous nous demandons ce que nous avons bien pu faire ou dire pour provoquer cela.

Nous devons apprendre à lâcher prise et à devenir moins perfectionniste et exigeant. Nous devons prendre conscience que ce niveau d’exigence vient du mental et non du cœur. Ici la perfection dirige notre vie au détriment de notre être. Nous apprendrons à accepter l’imperfection en nous autorisant de faire des erreurs sans nous juger. Nous ferons preuve de souplesse et d’ouverture en osant montrer notre sensibilité sans peur du jugement.

A méditer: ” A-t-on besoin d’être parfait pour vivre et mériter le bonheur?”

©Adeline Ferlin- 2018

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